Fuzzorama

Fuzzorama

Bienvenue dans Fuzzorama : l'émission où l'on décroche, ensemble.

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Préparez-vous à plonger dans un voyage sonore et culturel sans ceinture de sécurité. Fuzzorama, c'est l'émission qui explore toutes les facettes de la musique psychédélique : du rock saturé aux nappes électroniques, des grooves hypnotiques aux dérives cosmiques. Mais le trip ne s'arrête pas là. Chaque semaine, l'émission ouvre ses ondes aux autres terrains de l'imaginaire : cinéma halluciné, littérature en marge, BD déjantées et visions artistiques qui dérangent autant qu'elles éclairent. Fuzzorama, c'est aussi un regard critique et engagé, résolument à gauche, qui relie les créations psychédéliques aux luttes sociales, aux utopies collectives et aux désirs d'émancipation. Un espace libre où les sons, les mots et les images se croisent pour brouiller les frontières, stimuler les sens et secouer les consciences. Bienvenue dans Fuzzorama : l'émission où l'on décroche, ensemble.

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FUZZORAMA SESSION#20 - SUMMER OF PSYCHEDELIA - PART 2 "The New-York freaks"

La scène psychédélique new-yorkaise des années 60 , oubliez les utopies pastorales de la West Coast et les envolées mystiques à deux balles ; ici, la révolution ne s'est pas faite à coups de fleurs dans les cheveux, mais à coups de larsen dans les gencives. New York a accouché d’un psychédélisme claustrophobe, né sur le bitume crasseux de Greenwich Village, nourri aux amphétamines et façonné dans la moiteur rouge sang de la Back Room du Max’s Kansas City ou sous les stroboscopes sadiques du Fillmore East.

C’était le triomphe de la névrose urbaine érigée en art total. Une faune de marginaux magnifiques où le génie clinique et cynique de la Factory de Warhol croisait la route du Velvet Underground, de la froideur électronique de United States of America ou des provocations dadaïstes des Mothers de Zappa.
C’était une époque bénie et terrifiante où l’incompétence technique crasse d’un groupe comme The Godz devenait une illumination chamanique, où la lourdeur préhistorique de Vanilla Fudge et de Sir Lord Baltimore posait les bases du metal, et où le garage poisseux de The Third Bardo ou de The Mystic Tide touchait au sublime en l'espace d'un single à deux balles.

Ils n’ont pas cherché à ouvrir les portes de la perception pour y voir des arcs-en-ciel ; ils ont préféré faire sauter le disjoncteur pour regarder la paranoïa en face, déconstruisant le blues et la pop jusqu’à l’os à la manière d’un Captain Beefheart en transe. Ces types n'avaient pas d'avenir, pas de plan de carrière, et la plupart ont fini consumés par leurs propres démons ou oubliés dans les bacs à soldes de l’histoire.

Mais en refusant de jouer le jeu de la jolie musique pour bourgeois défoncés, ils ont injecté une dose de goudron, de fureur et d’honnêteté brute dans les veines du rock’n’roll. Ils ont inventé le punk, la noise, le lo-fi et tout ce qui importe encore aujourd’hui. Alors ouais, ça grincait, ça saignait, c'était inécoutable pour le commun des mortels, mais bordel, c’était le bruit le plus honnête, le plus viscéral et le plus magnifiquement dangereuxde cette époque...

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FUZZORAMA SESSION#19 - Lalie Gali (les plans à 3 de Lalie)

C’était lundi, 16 heures tapantes. L'heure où le soleil de plomb crache postillons enflamés sur le bitume. C’est là que Lalie Gali a déboulé. Ouais, "la" Lalie, la grande prêtresse, l'instigatrice en chef de ces fameux « plans à 3 de Lalie » qui ont secoué les ondes de Radio Localitiz pendant quelques temps (14 ou 15 émissions d'après elle) de pure folie orgasmique et hertzienne.

La fille n’est pas venue pour négocier. Elle a littéralement braqué le studio de FMR. Piratage total. Elle a annexé la console, envoyé chier le protocole, et je vais vous dire un truc : elle n’a même pas daigné me demander mon putain d’avis pour la programmation musicale. Et c'est tant mieux ! Parce que pendant que la bande passante cramait, elle balançait ses histoires, brutes de décoffrage, sur ses connexions cosmiques avec la faune locale des musiciens toulousains. Des types qui transpirent la musique et la sueur : "Cactus", "Gai Pêcheur", "Ravelin", et la faune du "Bistrot Ducoin". De la vraie vie, pas de la soupe pour charts lyophilisée.

Le truc absolument dingue avec cette nana, c'est l'énergie. Elle avait les doigts cassés — ouais, vous avez bien lu, des putains de phalanges en vrac — mais sa générosité et sa vivacité survoltée ont encore tout défoncé sur leur passage. Une tornade.

On a tenu une heure. Une heure trop courte, un hold-up temporel frustrant au possible. Du coup, comme on est complètement accrocs et passablement masochistes, on s’est dit qu’on ne pouvait pas en rester là. À partir de la rentrée, on remet le couvert. On va industrialiser le chaos, de manière régulière.

En attendant que le monde explose, voilà le deal : cliquez sur le lien, subissez, et kiffez ce podcast totalement fun, débridé, injecté à l'adrénaline pure, concocté par Lalie et votre humble hôte (qui essaie encore de s'en remettre). Lisez pas le mode d'emploi, y en a pas. Regardez les tympans droits dans les yeux et montez le volume.

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FUZZORAMA SESSION#18 - SUMMER OF PSYCHEDELIA - PART 1 "Can you pass the acid test ?"

FUZZORAMA - SESSION#18
SUMMER OF PSYCHEDELIA - PART 1 - "CAN YOU PASS THE ACID TEST ?" ou la SAN FRANCISCO AREA

Écoute ça, mec. Ferme les yeux et sniffe un grand coup. Ça sent quoi ? Le patchouli éventé ? Le foin mouillé et le fromage de chèvre de l’Ariège ? Tu m’étonnes que tu tires la gueule. Les babas cools et leur utopie en carton-pâte qui se roulent dans l'herbe en psalmodiant des mantras de supermarché, ça va cinq minutes. le Summer of Love de 67, vendu par les boutiquiers du show-biz, c’est une vaste arnaque pour touristes en quête de frissons à l’acide.

Mais lundi dernier, sur les ondes de FMR, on a branché les amplis sur le vrai jus. Pas de diplomatie, pas d'objectivité journalistique à la mords-moi-le-nœud — de toute façon, l'objectivité c'est pour les morts. On a balancé une grenade au milieu de leur pique-nique peace and love.

Parce que la vérité, la seule qui fasse saigner les oreilles et vibrer les tripes, elle ne s’est pas figée dans le formol de Haight-Ashbury en août 67. Elle a commencé à s'écrire dès 1965, dans le chaos sublime et électrique des Acid Tests. Ce qui s'extrait de ce grand chaudron psychédélique, c’est pas la paix universelle, c’est de la dynamite. C'est l’essence pure, brute, crasseuse du Rock 'n' Roll. Ce moment magique et dangereux où le psychédélisme n'était pas une berceuse pour gentils rêveurs, mais une agression sonore, un truc viscéral, l’acte de naissance d’un proto-punk sauvage et incontrôlable qui envoie chier les conventions.

Ce n'était que le premier shoot du « Summer of Psychedelia ». Une décharge initiale qui va traverser le temps, de cet été-là jusqu'à aujourd'hui, et faire sauter les frontières géographiques. On va voyager partout, de Londres au fin fond du Texas, et pourquoi pas quitter la Terre ? Si Sun Ra débarque avec son arche interstellaire pour nous satelliser sur Saturne à grands coups de jazz cosmique et de transe spatiale, on montera à bord sans broncher.

Stay tuned. Prochaine dose de venin et de distorsion dans quinze jours. Ne la rate pas, ou retourne caliner un arbre !

Playlist
01 - GRATEFUL DEAD – FEEDBACK (en fond sonore - 1967)
02 - GRATEFUL DEAD – BORN CROSS-EYED (1968)
03 – THE CHARLATANS – The shadow knows (1966)
04 – JEFFERSON AIRPLANE – White Rabbit (19667)
05 – JIMI HENDRIX – Killing floor (Monterey 1967)
06 - WEST COAST POP ART EXPERIMENTAL BAND - Help, I'm A Rock (1967)
07 - THE SEEDS - Pushin' too hard (1966)
08 - ELECTRIC PRUNES - I Had Too Much to Dream (Last Night) (1967)
09 - THE CHOCOLATE WATCH BAND - Let’s Talk About Girls (1966)
10 - LOVE - Seven and Seven Is (1966)
11 - LOVE - Alone Again Or (1967)
12 - THE DOORS - I can see your face in my mind (1967)
13 - THE 13TH FLOOR ELEVATOR - Slip Inside This House (1967)

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FUZZORAMA SESSION#17 - The Cosmic trip review

THE COSMIC TRIP REVIEW -

Ce 28e Cosmic Trip à Bourges n’était pas un festival de bobos, mais une putain de cathédrale de fuzz érigée dans une ville qu'on ne sait pas situer sur une carte dès qu'on dépasse le grand-nord (Montauban donc)

Pendant trois jours, une faune de survivants en Doc Martens, converses et jeans serrés est venue s'enfermer dans le bunker rétro-futuriste de l'Antre-Peaux (nom trouvé par un ancien coiffeur surement) pour fuir notre époque délétère.

Le rituel est immuable : réveil la tronche en chou-fleur à la manière du Captain Willard dans "Apocalypse Now", confession express à la cathédrale St Etienne, et gavage de gras salvateur avant de replonger dans le larsen.

Aux platines, la sainte inquisition du vinyle bloque le compteur en 1969 maximum pendant que sur scène, des sauvages (venus de tous pays, Japon, UK, USA, etc...) balancent des larsens thermonucléaires et de la fuzz tellement grasse qu'on pourrait y faire frire des frites.

C’est une agression sonore totale, une marée de quinquagénaires ivres de houblon et de distorsion qui se prennent une branlée salutaire loin de la variétoche autotunée des médias actuels.

Mais le vrai miracle de ce grand foutoir électrique, c’est qu'au milieu de cette fureur primitive et de la sueur, l'ambiance reste d'un cool absolu : un havre de bienveillance totale, garanti sans sexisme ni connards, où les sauvages se comportent comme des hippies en cuir. Une pure communion de joie brute qui prouve que le rock 'n' roll a peut-être de l'arthrose, mais qu'il a trouvé son plus beau refuge.

J'ai tenté, avec mes petits moyen, de vous faire revivre ça !

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FUZZORAMA SESSION#16 - Do the Zombie

Écoute ça, et écoute-moi bien.

Au début, le zombie avait de la gueule.
C’était pas ce buffet de viande avariée sur la bien trop longue série "Walking dead"
Non, le vrai zombie, le canal historique, il est né dans la sueur et le sang de Haïti. Un pur produit du vaudou et du colonialisme. Le zombie haïtien, c’est l’esclave ultime : un pauvre type privé de son âme, de sa volonté, condamné à bosser dans les champs de canne à sucre pour l’éternité sous le fouet d'un "bokor" (sorcier, pretre Vaudou) . Une tragédie totale, viscérale, politique.

Puis le mythe a pris le bateau, direction la Nouvelle-Orléans. Là, ça s'est mâtiné de jazz, de bayou, de folklore de pacotille pour touristes en quête de frissons Vaudou. c"est devenu un grand guignol exotique, mais le fond restait le même : la peur de perdre le contrôle.

Et puis Hollywood a braqué ses projecteurs dessus. George Romero – béni soit son génie nihiliste – a compris le truc en 1968. Dans les films, le zombie est devenu le miroir de notre propre déchéance. On ne fuyait plus le monstre, on se fuyait nous-mêmes. Consommateurs décérébrés agglutinés dans des Malls, masses informes et muettes avançant au radar.

Mais regarde-nous aujourd'hui, en 2026. Regarde ton reflet sur l'écran noir de ton smartphone. Il est ou le zombi désormais ?

Le bokor d’aujourd’hui ne porte pas de chapeau de forme ni de colliers d'os. Il s'appelle Zuckerberg, Musk, ou l'algorithme de TikTok. Les réseaux sociaux, c'est la nouvelle potion de réanimation des morts-vivants. On passe nos journées à scroller, le regard vitreux, le pouce engourdi, à injecter de la dopamine artificielle dans nos cerveaux atrophiés. On est devenus les zombies de notre propre futilité, esclaves volontaires d'une plantation numérique mondiale gérée par les GAFAM. On ne pense plus, on réagit. On ne vit plus, on "like". Une armée de spectres numériques qui hurlent dans le vide.

"Le chef-d'œuvre absolu des maîtres du monde, c'est de nous avoir transformés en monstres dociles tout en nous faisant croire qu'on est hyper connectés et super branchés."

Pendant qu’on s’excite sur des clashes en 280 caractères, la vraie menace avance à bas bruit. Et elle ne vient pas d’un virus échappé d'un labo militaire. Elle vient de l’extrême-droite et des nouveaux seigneurs de la guerre médiatique. Regarde l'empire d'un Bolloré ou des magnats de la tech ultra-libertarienne. C'est de la nécromancie de masse, mon pote.

Ils ont capturé les ondes, les journaux, les cerveaux. Ils injectent leur venin de peur, de haine et de nostalgie rance directement dans le flux intraveineux de l'actualité. Ils manipulent les médias pour lobotomiser le débat public, érigeant des spectres et des boucs émissaires pour qu’on ne regarde pas là où ça fait mal. On est en train de se faire bouffer le cortex par une idéologie zombie – un truc mort, putride, qui date des années 30 – mais réanimé à coups de milliards et de prime-times.

Alors ouais, range tes films de George Romero. La fin du monde n'aura pas la bande-son d'un film d'horreur. Elle aura le bruit feutré d'une notification push, le rire cynique d'un milliardaire en costard, et le silence de mort d'une population qui a renoncé à penser.

Allez, tape sur ton écran. Reste connecté. Le bokor te regarde.

THE SYMBOLLS - Do the Zombie
THE ZOMBIES - Time of the season
DR JOHN - Gri Gri Gumbo Yaya
SCREAMIN' JAY HAWKINS - Frenzy
THE PRETTY THINGS - Baron Saturday
Teaser "Night of the living-dead"
SUFJAN STEVENS - They Are Night Zombies!! They Are Neighbors!! They Have Come Back From the Dead!! Ahhhh!
RADIOACTIVIDAD - Los Zombies
THE METERS - Fire on the Bayou
CHILDISH GAMBINO - Zombies
FELA KUTI - Zombi
THE WILD ZOMBIES - Zombies on my back